Des vacances minimalistes malgré nous

Nous avons testé les vacances minimalistes. Cela a été un choix imposé par les circonstances.

Nous partions avec notre caravane et nous avions tout prévu : une gazinière, des matelas, des jouets, des livres (même une lampe pour lire le soir), des vêtements pour le froid, pour le chaud, pour le bain et pour se faire chic, nos pyjamas, la trousse de toilette de chacun, la trousse à pharmacie, une petite télé, une Nintendo pour le voyage, etc.

On avait pris le temps de réfléchir afin de n’apporter aucune affaire superflue ou encombrante. Des amis nous attendaient sur place. Nous étions contents de partir avec notre petit chez nous.

Et tout d’un coup, notre voiture nous a lâché. Elle n’avait plus envie de tirer la caravane à 35 °C à travers les Pyrénées. Il faisait chaud. Mon compagnon a levé le capot de la voiture, ça fumait. J’ai réveillé ma grande fille qui venait (enfin) de s’endormir et je suis partie me mettre à l’ombre avec mes deux filles, sous un pont, entre la route et un champ de blé. Leur père essayait  de refroidir le moteur, sans succès.

Il y avait de la paille par terre. Ma fille de trois ans, s’est amusée à les jeter sur soi en riant et en chantonnant, heureuse, « c’est la fête, c’est la fête, ouais, c’est la fête ». Sa sœur et moi avons pouffé de rire, tellement la scène était décalée, ce qui l’a encouragé à continuer. Après elles ont joué à inventer des mots et les fous rires ont commencé. Toute une leçon de mindfulness.

Puis, la grue. Au garage, on nous a confirmé que la voiture avait rendu définitivement l’âme. Nous n’avons trouvé aucune voiture de location. On était tristes et découragés.

Ma petite fille avait enfin compris que nous n’irons pas à la plage avec sa copine et elle n’avait plus envie de rigoler, la grande nous a dit que c’était le pire été de sa life . Quant à nous, les adultes, on n’avait plus du tout la pêche pour prévoir des activités sympas pour les jours qui venaient, en plus sans voiture.

Alors je me suis dit, « et si l’on partait avec l’indispensable ?  Tiens, on va faire de vrais vacances minimalistes ».

Pour voir si c’était possible, j’ai noté sur une feuille tout ce dont on aurait besoin : une tente, des matelas, des maillots de bain, une trousse de toilette commune, quelques vêtements, nos pyjamas, un chargeur pour nos téléphones, une serviette familiale, bon, soyons fous, deux.

Ça faisait six paquets. Les filles devraient être responsables, chacune, d’une partie des bagages.

Nous sommes partis en train.

Finalement, il y a eu peu de choses qui nous ont vraiment manqué. Quoique, si,  mais seulement si l’on compare les vacances telles qu’elles ont été versus les vacances que l’on avait prévu, ce qui est inutile.

Nous avons sauté sur les vagues et profité d’autres plaisirs simples mais incontournables des vacances à la mer.

Et nous nous sommes prouvés que nous sommes capables d’atteindre nos buts avec moins de moyens.